Les ministres de la Santé des pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) ont annoncé des mesures coordonnées visant à endiguer l’épidémie actuelle de virus Ebola, notamment la mise en place de contrôles harmonisés aux frontières et la création d’un groupe de travail régional chargé de renforcer la surveillance et les mesures d’intervention.
Ces décisions ont été prises lors de la 8e réunion extraordinaire du Conseil sectoriel des ministres de la Santé de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), qui s’est tenue en ligne les 1er et 2 juin 2026, dans un contexte d’inquiétudes quant à une éventuelle transmission transfrontalière de l’épidémie actuellement confirmée en République démocratique du Congo et en Ouganda.
Nécessité d’harmoniser et de renforcer le contrôle aux frontières :
Les ministres ont averti que les incohérences dans les contrôles aux frontières et les procédures de dépistage pourraient exposer les pays voisins à un risque accru de propagation du virus Ebola.
Ils ont convenu d’harmoniser les contrôles liés à Ebola dans les aéroports, les ports maritimes et aux postes-frontières terrestres, notamment en ce qui concerne les déclarations sanitaires des voyageurs et les contrôles à la sortie du territoire, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Ils ont appelé à un renforcement de la surveillance au niveau communautaire, de la communication sur les risques et des mesures d’assainissement dans les zones à haut risque.
Un groupe de travail technique régional sur Ebola et d’autres maladies aux conséquences graves coordonnera la surveillance des épidémies et les interventions. Chaque État membre désignera des experts issus des ministères de la Santé et des affaires commerciales transfrontalières de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), et les données épidémiologiques seront partagées en temps réel afin de détecter rapidement les nouveaux cas.
Des chiffres toujours en hausse :
Les chiffres récents soulignent l’urgence de ces mesures. Au 1er juin, la République démocratique du Congo avait signalé 121 cas confirmés et plus de 1 000 cas suspects d’Ebola, avec des dizaines de décès. L’Ouganda a enregistré 11 cas confirmés, dont un décès, et des centaines de contacts font toujours l’objet d’une surveillance active.
À la date du 29 juillet 2026 en République Démocratique du Congo 3.360 cas du virus Ebola sont confirmés, dont 1.487 décès alors qu’en Ouganda le ministère de la Santé déclare qu’elle a maintenu une surveillance intensive à l’échelle nationale, et aucun nouveau cas d’Ebola n’a été détecté.
Des laboratoires mobiles pour renforcer le processus de détection :
Afin de renforcer la détection, des laboratoires mobiles et des équipes techniques sont déployés aux postes-frontières et dans les foyers épidémiques. Dix laboratoires mobiles sont déjà opérationnels dans toute la région, permettant la réalisation de tests rapides, grâce à un financement de la banque allemande de développement KfW et au soutien technique de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale. Certains de ces laboratoires mobiles se trouvent à Bwera et Arua en Ouganda, Gisenyi et Gihundwe au Rwanda, Bukoba en Tanzanie,Kobero au Burundi, Béni en République Démocratique du Congo,Nimule au Sud-Soudan selon les informations publiées sur le site de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale.
Les ministres ont recommandé la mise en place de formations destinées aux professionnels de santé en première ligne ainsi que des cours de remise à niveau pour le « Pool d’experts rapidement déployables » de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), portant sur la prévention des infections, la communication des risques et la riposte aux épidémies.
La protection des équipes, un impératif de la riposte :
La distribution d’équipements de protection individuelle se poursuit auprès des équipes de première ligne, avec des livraisons supplémentaires vers l’Ouganda et la République démocratique du Congo. Des efforts sont également déployés pour accélérer l’homologation régionale des vaccins, des traitements et des tests de dépistage, en coordination avec les autorités sanitaires continentales et mondiales.
Le soutien financier comprend une enveloppe d’un million d’euros allouée par la KfW pour l’agrandissement des laboratoires et la formation, ainsi que des contributions régulières de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) visant à renforcer la préparation.
Les problèmes de sécurité dans certaines zones touchées ont été identifiés comme des obstacles à la recherche des contacts, à la mise en terre en toute sécurité des défunts et à la mobilisation des communautés.
Les ministres ont également convenu d’organiser une réunion multisectorielle distincte afin d’aborder ces questions et leur impact sur le commerce et la circulation régionale.
Florent Ndutiye