Les Congolais vivant en Belgique expriment leur satisfaction après la décision du gouvernement belge de rejeter une demande américaine visant à restreindre l’entrée sur le territoire belge aux ressortissants de la République démocratique du Congo, du Soudan du Sud et de l’Ouganda, dans le contexte de l’épidémie d’Ebola déclarée depuis le mois de mai en RDC .
Préoccupée par les risques de propagation du virus Ebola à l’approche de la coupe du monde 2026 , l’administration américaine a demandé à plusieurs pays européens dont la Belgique d’imposer des restrictions d’entrée pour les ressortissants de ces trois pays .
Cette demande n’a pas reçu l’aval des autorités. Réunis le 5 juin 2026 autour de la question de la surveillance sanitaire liée à Ebola, les ministres européens en charge de la Santé ont estimé qu’aucune mesure de fermeture des frontières n’était justifiée sur la base des données scientifiques disponibles.
Le gouvernement belge a clairement affiché sa position. Dans un entretien accordé à l’agence Belga le 10 juin, le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, a déclaré : « Aucune mesure de fermeture des frontières n’est justifiée à ce stade de l’épidémie. D’un point de vue scientifique, il n’y a actuellement aucune raison d’imposer une interdiction d’entrée aux Congolais. »
Une déclaration qui a été largement saluée au sein de la communauté congolaise de Belgique, l’une des plus importantes diasporas africaines du pays.
Pour de nombreux Congolais établis en Belgique, la position du gouvernement belge constitue un signal fort en faveur d’une gestion rationnelle et scientifique des crises sanitaires internationales.
« Je suis satisfaite de la position de la Belgique face à cette demande que je juge non fondée de Washington, demandant à d’autres pays d’interdire l’entrée sur leur territoire aux ressortissants de la République démocratique du Congo », a déclaré Aline Muepu, secrétaire générale du Forum des Intellectuels Congolais de l’Étranger (FICE-Belgique), dans une interview exclusive accordée à notre rédaction.
Selon elle, la lutte contre Ebola doit s’appuyer sur les recommandations des experts de santé publique plutôt que sur des mesures généralisées susceptibles d’alimenter les stigmatisations.
Au sein de la diaspora, plusieurs voix rappellent que la présence d’une épidémie dans certaines provinces de la RDC ne saurait justifier une discrimination à l’égard de l’ensemble des citoyens congolais.
C’est notamment l’avis de Marcel Mukendi, qui estime que les ressortissants de la RDC ne devraient pas être systématiquement associés à la maladie.
« Les Congolais ne doivent pas être identifiés à Ebola. La RDC est un grand pays et la majorité de ses citoyens ne sont pas concernés par les zones touchées par l’épidémie. Il faut éviter les amalgames et les préjugés », souligne-t-il.
Tout en soutenant la nécessité d’une vigilance sanitaire, ces membres diaspora congolaise insistent sur l’importance de préserver les principes de libre circulation, de respect de la dignité humaine et de coopération internationale.
Ils rappellent également que la RDC dispose aujourd’hui d’une expérience reconnue dans la gestion des flambées d’Ebola grâce aux mécanismes développés au cours des précédentes épidémies, en collaboration avec les autorités sanitaires internationales.
Par DK