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Sake : réduits au silence par la crise des jeunes trouvent un refuge et une voix dans l’art

Ce dimanche 31 août, Uhuru Knowlege Center a clôtureré le projet  » Ndoto Art Thérapie  » par une grande restitution artistique. Quarante jeunes ayant participé aux ateliers de dessin, peinture, slam, poésie, théâtre, danse et musique ont présenté les fruits de leur travail artistique.Cette restitution marque la fin d’une résidence d’artistes d’un mois portant sur le thème : l’art pour panser l’intérieur.

La cité de Sake, dans la province du Nord-Kivu à l’Est de la RDCongo, porte les cicatrices invisibles d’un conflit qui a brisé des vies et des familles. Marquée par la violence et le traumatisme occasionnant la perte de l’espoir, la jeunesse a payé un lourd tribut de la crise.  Nombreux parmi les jeunes  de Sake ont perdu les leurs, leur maison, leurs champs qui étaient pourtant, leur unique source des revenus favorisant leur scolarité et leur survie. Plusieurs jeunes filles ont été victimes de  viols, comme en témoignent des rapports des organisations de la société civile et des ONG internationales qui y relancent progressivement leurs interventions humanitaires.   Au-delà de cette douleur, une lueur d’espoir a émergé sous le vocable « Ndoto Art thérapie ». Loin d’être un simple programme d’activités culturelles, c’est une initiative de thérapie psychosociale qui utilise le pouvoir de la création pour panser les blessures.

Une approche artistique pour soigner les blessures 

Le nom du programme, « Ndoto », qui signifie « rêve » en kiswahili, est en lui-même un message puissant. IL invite les jeunes à se reconstruire et à se réapproprier leur capacité à rêver. Le programme s’appuie sur une approche artistique et thérapeutique, proposant divers ateliers : le dessin, le slam, la poésie, le théâtre, la danse, la musique et des groupes de discussion. Chacune de ces disciplines est un outil pour la guérison émotionnelle, la libération de la parole et le renforcement de l’estime de soi.

Au total, 40 jeunes, dont 12 filles et 28 garçons, ont participé à cette expérience de reconstruction. Répartis en quatre groupes de 10, ils ont trouvé dans l’art un refuge et une voix. Le dessin leur a permit d’exprimer visuellement ce que les mots ne peuvent pas dire, tandis que le slam et la poésie ont offert une plateforme pour partager leurs histoires de douleur et de résilience. La musique et la danse ont libéré les tensions et permettent de retrouver une harmonie intérieure.

Pour une guérison individuelle et collective

Ndoto Art va au-delà de la guérison individuelle ! Le programme a une dimension collective et communautaire. L’objectif est de faire de ces jeunes des agents de changement, capables de transmettre un message de paix, de cohésion et de pardon dans cette période de  marquée encore par la crise. En transformant leurs traumatismes en créations artistiques, ils deviennent des modèles de résilience pour toute leur communauté.

Malgré la détermination et la bonne volonté qui animent les initiateurs de ce programme, les défis sont de taille. Urbain Magayane, Coordonnateur du l’organisation Uhuru Knowlege Centrer, souligne que les moyens restent limités et cela pèse lourdement sur  la bonne marche de cette initiative. « Malgré toute la détermination de l’équipe et la soif de se reconstruire des jeunes de Sake, les défi sont énormes, car les moyens sont limités », explique-t-il.

La démarche de « Ndoto Art » est celle d’un espoir qui ne s’éteint pas. Elle montre que, même après la plus sombre des tempêtes, l’art peut être lumière qui guide vers un avenir plus prometteur.

Nadine KAMPIRE

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