You are currently viewing Interview avec Pascal CHIRHALWIRWA distingué Docteur Honoris Causa à Dakar

Interview avec Pascal CHIRHALWIRWA distingué Docteur Honoris Causa à Dakar

Pascal Chirhalwirwa, conseiller technique au sein de Afia Amani Grands Lacs et Directeur Général de Colibri Multiservices (COMUS), vient d’être distingué par le prestigieux titre de Docteur Honoris Causa, décerné par l’Institut Africain de Recherche Pluridisciplinaire Appliquée (IARPA) et le Centre de Valorisation Professionnel de Tunis (CVPT). Cette reconnaissance lui a été attribuée lors du Colloque international sur l’innovation et le développement durable en Afrique, tenu à Dakar les 18 et 19 novembre 2025. À cette occasion, la rédaction d’Afia Amani Grands Lacs (AAGL) a réalisé une interview exclusive avec Pascal, où il revient sur la portée de cette distinction, son parcours dans le domaine des médias et sa vision de l’avenir du journalisme en Afrique.

Interview

Vous avez reçu ce Doctorat Honoris Causa à Dakar, lors d’un colloque de haut niveau. En tant que journaliste de longue date, comment avez-vous accueilli cette distinction ?

Avec une grande surprise et une grande émotion. Une surprise pour plusieurs raisons : Jusqu’au moment où j’ai été contacté par les organisateurs, je n’avais aucune connaissance de l’une ou l’autre parmi les deux institutions qui m’ont décerné cette distinction.  L’Institut Africain de Recherche Pluridisciplinaire Appliquée (IARPA) d’Abidjan et le Centre de Valorisation Professionnel de Tunis (CVPT) se trouvent dans deux pays où je n’ai jamais travaillé. Quand j’ai été contacté, j’avais cru d’ailleurs à un fait de cybercriminalité.  Avec le réflexe journalistique, je m’avais fait le devoir de procéder à une vérification approfondie pour avoir plus d’informations sur ces deux institutions, sur leurs activités et sur leurs animateurs.  C’est là que je découvre que des personnalités que je connais avaient déjà reçu la même distinction  de la part de  ces deux institutions.  Il y avait par exemple l’ancien premier Ministre centrafricain, Monsieur Henri Marie Dondra, l’actuel Ministre de la Communication en Centrafrique, Monsieur Maxime Balalou, une Ancienne collègue chez Internews qui est actuellement Haut Cadre au FONAREV en RDC, Madame Emmanuela Zandi et bien d’autres. Dans cette démarche de vérification, j’avais découvert aussi les types et les approches d’enseignements proposés par les deux institutions.  J’avais trouvé cela innovant. L’examen des dossiers avait pris aussi un long moment et rien de me rassurait que je pouvais être sélectionné.  S’agissant de l’émotion, elle a été grande du fait que cette distinction arrive dans un contexte particulier pour les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Comme vous le savez, le siège de COMUS (ma structure)se trouve à Goma et a été victime de vandalisme lors de la chute de la ville en janvier dernier.  Aussi, comme pour tous les entrepreneurs dans cette partie du pays, la situation est très compliquée. Au regard de tout cela, C’est vraiment une surprise et une consolation que cette distinction arrive en ce moment précis.    C’est un message fort pour dire que tout ce que nous faisons de bien, peu importe la taille de l’action, et la zone où elle se déroule, quand c’est bien fait, c’est un investissement qui peut toujours nous relever à tout moment : soit au niveau moral, matériel ou social.

Quels moments-clés de votre carrière journalistique vous semblent avoir préparé ou inspiré votre engagement actuel pour l’innovation et le développement durable ?

Le journalisme est un métier qui me passionnait beaucoup depuis mon jeune âge mais ce n’était pas mon premier choix comme option d’étude et notamment par le fait qu’à l’époque, il n’y avait pas d’école de journalisme à Bukavu, ma ville natale.  Mais comme par destin, étudiant à l’ISDR Bukavu, je passe un stage académique à Radio Maendeleo de Bukavu en 2002, et cela va être un élément déclencheur pour m’engager progressivement et totalement dans le secteur médiatique. Après l’ISDR, Radio Maendeleo me propose un contrat de collaboration et c’est de là, qu’en 2005, je vais rejoindre l’Institut Panos Paris qui était une ONG spécialisé dans l’appui aux pluralisme des médias.  Je quitte donc, le journalisme actif pour m’investir dans la gestion des projets de développement des médias avec entre autres, de gros programmes de formation pour les journalistes et d’appui à production des contenus. Par la suite, j’ai suivi un programme de Master en Management International des médias à l’Ecole Supérieur de Journalisme de Lille en France.  D’une formation de Technicien en Développement rural, en passant par le journalisme dans une radio communautaire et de développement et par la suite la gestion des gros projets de développement des médias et puis la formation de master en management des médias suivi d’autres certifications, vous comprenez qu’il est tout à fait logique que les questions relatives à l’innovation et au développement durable puissent être au cœur de mes préoccupations et de mon champ de travail. Aucune approche d’innovation ou de développement durable ne peut se construire sans un cadre informationnel et de communication bien pensé et mise en œuvre. Pour la gestion des projets, la communication n’est pas un simple élément de support comme nombreux le pense, mais une partie intégrante de la stratégie globale de mise en œuvre du projet. Ce n’est pas un élément qui vient s’ajouter pendant la mise en œuvre mais quelque chose à prendre en compte depuis la conception du projet jusqu’à sa clôture et parfois, même au-delà.

Cette reconnaissance vous place parmi les voix africaines influentes. Comment envisagez-vous votre rôle dans le débat public à partir de maintenant ?

Notre continent est confronté à plusieurs situations critiques : le changement climatique, des conflits ici et là, les mutations économiques et des profondes transformations sociales. Le colloque international auquel j’ai participé à Dakar s’inscrivait dans la dynamique de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Dans cette perspective, ce colloque ambitionnait de nourrir des réflexions éclairées ainsi que des actions concrètes autour de l’innovation inclusive, de la gouvernance climatique et de la durabilité financière. Cette distinction me place personnellement ainsi que ma structure au cœur de cette réflexion.  Les recommandations du colloque constituent en quelque sorte un cahier de charge sur lequel tous les nominés et leurs structures respectives vont travailler en développant des synergies avec d’autres acteurs.  Nous allons, bien évidemment, agir en collaboration avec les deux institutions qui nous ont honorés et nous joindre au réseau d’Alumni Docteurs Honoris Causa de l’IARPA et CVPT. Ce réseau est une communauté dynamique de personnalités influentes, investies dans l’innovation, la recherche et le partage du savoir. C’est donc un chantier ouvert et nous allons essayer de nous y investir pour apporter nos contributions et continuer d’apprendre, les uns des autres.

Le journalisme a-t-il, selon vous, un rôle à jouer dans la promotion de l’innovation en Afrique ? Si oui, lequel ?

Comme déjà dit ci-haut, Aucune approche d’innovation ou de développement durable ne peut se construire sans un cadre informationnel et de communication bien pensé et mise en œuvre.  Le Journalisme a un rôle incontournable à jouer dans la promotion de l’innovation en Afrique.  C’est un enjeu de taille mais faudra-t-il encore que le journalisme africain soit bien encadré pour plus de professionnalisme, plus de liberté et plus d’indépendance ? Tout cela nécessite aussi des moyens conséquents qu’on ne doit pas continuer d’attendre toujours de l’extérieur.  Je pense qu’il va falloir que nous arrivions à mettre en place un fond africain pour le développement des médias africains si nous voulons vraiment, un journalisme africain pour accompagner la réécriture de l’histoire Africaine et nous projeter correctement dans les perspectives de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

Comment les médias peuvent-ils contribuer à une meilleure compréhension des enjeux du développement durable auprès des citoyens ?

Les médias doivent traduire le langage scientifique, politique, économique et diplomatique autour des enjeux de développement durable en un langage plus compréhensible pour tous les citoyens. Ils doivent servir des ponts entre les décideurs et les populations pour se comprendre. Les médias doivent permettre de remonter les préoccupations de la population pour qu’elles soient prises en compte dans la programmation du développement.  Les médias ont aussi la mission de contribuer à renforcer le contrôle, la transparence et la redevabilité dans la gestion de la cité et de des biens publics.  Il faut noter cependant que pour que les médias arrivent à jouer pleinement leur rôle de chien de garde de la société, un certains nombres de conditions doivent être réunies.  Il faut un cadre juridique favorable à la liberté de la presse, il faut des médias disposant des journalistes bien formés et offrant des conditions de travail acceptables. Bref, il faut des médias libres, professionnels et indépendants.  Ce qui est encore loin d’être possible pour les médias africains.  Si nous voulons une Afrique émergente, il nous faut aussi un paysage médiatique assaini capable de travailler dans des conditions favorables sur tous les plans.  L’Afrique doit commencer réécrire son histoire avec ses médias et non avec les médias des autres continents. Mais tant que les médias africains continueront de fonctionner dans la grande précarité, leur capacité de participation à la construction d’une Afrique émergente restera aussi limitée.

Avez-vous un souvenir marquant d’un reportage ou d’une enquête qui vous a personnellement éveillé à ces questions ?

J’ai encadré beaucoup de travaux de productions médiatiques très intéressants qu’il est difficile de centré l’attention sur l’un ou l’autre de façon particulière.  Si je dois me forcer  à  faire cet exercice, je pense à l’année 2006 :  j’avais encadré deux grandes rédaction en simultanées pour couvrir les élections les plus historiques de la République Démocratique du Congo.  J’avais une rédaction à Bukavu regroupant une dizaine de radio du Sud et du Nord-Kivu en Synergie et une autre rédaction à Kisangani pour l’ensemble des radios communautaires de l’ex-Province orientale.  C’était un grand événement qui avait demandé un long moment de préparation en termes de formations pour les journalistes et les techniciens, en termes d’investissement techniques, de temps et de mobilité. A cette époque, on n’avait pas les facilités technologiques qu’on a aujourd’hui mais nous avions gagné le pari d’organiser  une couverture large, professionnelle, contextualisée et en continue. Nous avions dupliqué la même expérience en Centrafrique lors des élections de 2011. C’était très impressionnant et très satisfaisant pour la population qui recevait les informations en temps réel sur le déroulement des scrutins dans différents bureaux de vote.  J’en garde un souvenir des opérations très réussies et qui avaient donné une satisfaction impressionnante à toutes les couches de la population, en RDC comme en Centrafrique.   Un autre cas, c’est en 2011, alors que l’Université de Bangui avait du mal à  avancer  dans son programme de formation de la première génération des journalistes formés localement, nous avions mis en place un programme de formation pratique sur le journalisme sensible au droit de l’homme avec une série de formation et de production à travers un journal Ecole en presse écrite et en Radio.  Ce projet a marqué jusqu’aujourd’hui la presse centrafricaine car il avait largement contribué à professionnaliser le secteur et  à le rajeunir.  Très récemment en 2021 lors de l’éruption volcanique à Goma, alors que tout le monde était en déroute et qu’il n’y avait aucune information pour orienter la population afin de se mettre à l’abri, nous avions monté une opération de communication et d’information humanitaire dénommée « volkeno ni jirani » (le volcan est voisin).  Ce programme ponctué de plusieurs bulletins d’information avait permis d’une part, d’orienter les populations pour se mettre à l’abri et pour accéder aux services et d’autre part, aux humanitaires de mieux localiser l’aide.  Nous avions déployé des équipes de reporters dans plusieurs endroits pour suivre le mouvement de la population de Goma en passant par Sake jusqu’à Bukavu et de Goma en passant par Gisenyi jusqu’à Kigali.  Tout cela sont des moments importants qui ont marqué particulièrement ma carrière. Il y a  aussi d’autres moments comme lors de la prise de la ville de Bukavu par les troupes de NKunda et Mutebutsi, les moments de la guerre de Seleka en Centrafrique, les opérations de réhabilitation et d’installation des radios dans les zones isolées en Centrafrique après la crise de 2013, les opérations de la couverture médiatique de la COVID19 dans la région des grands lacs, … Voilà, autant  de moments très passionnants que je ne peux pas raconter dans quelques lignes ici.  J’envisage commencer l’écriture d’un livre pour capitaliser toutes ces expériences.  Je pense qu’avec cette distinction qui met en valeur tout ce parcours, je suis presqu’obliger de commencer ce travail d’écriture.

Après une vingtaine d’années dans les médias, comment définissez-vous aujourd’hui l’éthique professionnelle, notamment dans un contexte de transformation sociale ?

Sans entrer dans les considérations théoriques, pour moi l’éthique professionnelle pour un journaliste, doit faire appel à deux logiques : la logique du service et la logique du respect.  Pour moi, l’éthique doit avoir comme finalité, de pousser le journaliste à prendre conscience qu’il est au service de la communauté. Ce service doit être rendu avec professionnalisme et avec amour. Certaines personnes pensent aujourd’hui que le journalisme est un secteur où l’on vient après avoir échoué partout ou après avoir manqué où se caser. Venir dans la profession sous cet angle, c’est un danger pour la société et un crime pour la profession. Le journalisme est un métier noble et nous devons le protéger et lui donner toute sa marque de noblesse. Le deuxième élément, c’est le respect. L’éthique professionnelle fait appel aux respects d’un certain nombre de règles ou des codes.  Elle fait aussi appel au respect vis-à-vis de son public, vis-à-vis de ses confrères, de ses sources et vis-à-vis de soi-même. Un bon journalisme peut contribuer à une transformation positive de la société et des  mentalités.

 Comment conjuguer liberté de la presse, responsabilité sociale et engagement pour le bien commun ?

Ces trois éléments sont complémentaires dans un processus de construction d’une société plus démocratique, plus juste et développée. Pour moi, la liberté de la presse permet à la société de disposer d’une presse qui joue pleinement son rôle dans la construction des opinions, de l’éveil des consciences et dans l’appui à la transparence et à la redevabilité. Elle permet aussi à chaque situation d’accéder aux informations pour prendre des décisions éclairées pour sa vie et  celle de sa communauté, d’exprimer ses opinions dans la limite de respect de règles établies, etc.  La responsabilité sociale quant à elle permet à chaque citoyen d’apporter sa contribution à l’édifice dans les limites de ses moyens et à partir de son champs d’action et cela dans le respect des autres.   L’engagement, représente pour moi, la détermination et la motivation que porte en lui, chaque acteur pour faire ce qu’il doit faire et de bien le faire. Ces trois facteurs doivent être conjuguer ensemble au niveau individuel et au niveau collectif pour la production, la gestion, la protection et la distribution équitable des biens  et services  au profit de la population tout entière et au profit des générations futures.

 Quels conseils donneriez-vous aux jeunes journalistes africains qui souhaitent allier rigueur professionnelle et impact sociétal ?

Aux jeunes journalistes africains, mon message est de dire qu’il faut chercher à bien faire ce qu’on doit faire, être attentif à l’évolution du monde et se mettre constamment à jour, privilégier le travail collectif et être prêt à partager avec transparence, le bénéfice du travail réalisé collectivement.  Personne n’a le droit d’être heureux tout seul pendant que les autres souffrent.  C’est cela qui crée des tensions dans nos organisations et des guerres dans nos pays ! Les jeunes journalistes doivent comprendre que l’Afrique doit cesser d’être un continent qui avance tout le temps des plaintes et des accusations pour justifier son malheur.  Elle doit être un continent qui s’appuie sur sa jeunesse pour agir, innover et transformer ses potentialités en richesses pour améliorer les conditions de vie des citoyens. Le bonheur des jeunes africains est en Afrique et pas ailleurs.  Nous devons y travailler sachant que tout cela passe par la qualité de la formation et des informations que nous consommons et que nous mettons à la disposition du public.  Il faut former une élite plus responsable et plus engagée pour les biens de tous.  L’Afrique ne va pas se construire avec une élite prédatrice qui s’accapare des richesses de nos pays en laissant la grande masse de la population dans une misère indescriptible. A travers leurs reportages, leurs analyses et leur détermination, les jeunes journalistes sont des acteurs de premier plan pour impulser les idées de changement dans ce sens.

 Vous avez participé à un colloque réunissant des acteurs de divers pays africains. Quelles synergies vous ont le plus marqué ?

C’était un véritable moment de partage des savoirs entre acteurs de différentes sphères.  Les scientifiques, les praticiens dans différents domaines, des étudiants et des acteurs politiques ont échangé sur plusieurs sujets en rapport avec les enjeux du moment et sur le rôle que l’Afrique doit jouer dans ce contexte. C’était vraiment un temps d’apprentissage et de projection pour chacun des participants.  Les recommandations de ce colloque constituent en quelque sorte un cahier de charge sur lequel  nous  allons travailler en développant des synergies avec d’autres acteurs.  Nous allons, bien évidemment, agir en collaboration avec les deux institutions qui nous ont honorés et nous joindre au réseau d’Alumni Docteurs Honoris Causa de l’IARPA et CVPT. Ce réseau est une communauté dynamique qui peut contribuer à impulser de nouvelles idées et des actions pour le développement de notre continent. 

À votre avis, quels récits ou imaginaires devons-nous construire pour que l’Afrique prenne pleinement sa place dans les transitions globales ?

Je l’ai déjà dit, l’Afrique doit cesser d’être un continent qui avance tout le temps des plaintes et des accusations pour justifier son malheur.  Elle doit être un continent qui s’appuie sur sa jeunesse pour agir, innover et transformer ses potentialités en richesses pour améliorer les conditions de vie des citoyens. C’est de cette manière que l’Afrique va se faire respecter et prendre véritablement sa pace de continent « Solution » qui participe avec plus de considération dans les processus de prise des décisions sur la gouvernance mondiale.

Comment renforcer les liens entre chercheurs, journalistes, décideurs et citoyens pour bâtir une Afrique résiliente et innovante ?

Les liens entre ces différents acteurs sont très nécessaires pour bâtir une Afrique résiliente et innovante.  Mais tout cela doit se construire à travers des institutions fortes, bien structurées et animées par des femmes et des hommes qui  ont véritablement le souci de faire avancer la machine du développement.  Cela doit partir de la base au travers des programmes de sensibilisation et d’une révision en profondeur de notre système d’enseignement pour qu’il soit plus adapté à nos réalités et à nos besoins. Il faut que les acteurs politiques africains puissent se mettre à l’écoute des scientifiques et leurs donner les moyens nécessaires pour faire avancer la recherche et qu’ils donnent à la presse la place qu’il lui faut pour faire avancer notre démocratie. Il faut également que le citoyen, le souverain primaire puisse participer pleinement au débat et à la prise des décisions à travers les mécanismes basés sur les principes de la démocratie.

Albert Isse

Laisser un commentaire