Dans le cadre de la campagne régionale Dialogue Action Climat, l’association Actions Médias et Développement (AMD), avec appui du Pulitzer Center et en collaboration avec COMUS, a organisé le 26 février 2026 à Bangui, un dialogue public sur la gouvernance et la gestion des ressources naturelles. L’objectif était de sensibiliser et d’impliquer davantage les médias et les citoyens face aux défis environnementaux.
La République Centre Africaine dispose de nombreuses richesses naturelles comme l’or, le diamant, les forêts et l’eau. Mais leur exploitation entraine souvent des dégâts sur l’environnement. Face aux effets du changement climatique, les populations deviennent plus vulnérables, ce qui renforce la nécessité d’informer et de sensibiliser les citoyens. C’est dans ce cadre, qu’une cinquantaine de participants se sont réunis le 26 février 2026 à Bangui. Organisations de la société civile, experts, jeunes leaders, représentants des institutions publiques et journalistes, ont échangé autour des enjeux liés à l’environnement.
De la musique pour la conscientisation
Le début de cette journée, a été marquée par la prestation de l’artiste Gervais LOKOSSO, qui, à travers sa chanson, a rappelé que la protection de l’environnement est une responsabilité collective. « La protection de la nature est une responsabilité collective. Si nous détruisons notre environnement aujourd’hui, nous compromettons à l’avenir de nos enfants »
Un reportage de Pulitzer pour guider la réflexion
Après cette prestation, les participants ont suivi un reportage réalisé grâce à l’ appui par Pulitzer Center à Sangha en République du Congo. Il s’gait du reportage intitulé Chasse à l’or et déforestation en République du Congo : la désillusion verte | Pulitzer Center ». Ce reportage montre les effets de l’exploitation minière de l’or sur l’environnement.
Depuis 2017, des activités semi-artisanales ont provoqué la destruction des forets, le retournement des sols, la pollution des rivières et des nombreux trous remplacent les espaces naturels, les arbres abattus.L’eau se transforme en boue, ce qui empêche la survie des poissons et perturbe toute la biodiversité.
Dans ce reportage on voit un homme de la cinquantaine d’années, il est originaire de ces forêts, ou il est né et grandi. Il témoigne de changements profonds causés par l’exploitation minière.
Un débat éclairé par des panélistes
Le premier panel a porté sur la gestion des ressources naturelles. L’ingénieur hydraulicien Anicet KYANSEM a expliqué que certaines activités, comme l’exploitation minière artisanale, ont des conséquences négatives « nous assistons à une dégradation des berges de rivières, à la pollution des eaux et à la destruction de la couverture forestière » a-t-il souligné.
Il a aussi insisté sur la nécessité pour les citoyens de connaitre et de s’approprier les lois, afin de mieux suivre la gestion de ces ressources.
De son coté, Maitre Fabrice MODOMPTE, a présenté le cadre juridique en matière de gouvernance des ressources naturelles. Il a notamment évoqué les enjeux de transparence dans l’attribution des permis miniers, appelant à une meilleure redevabilité.
Le second panel a mis l’accent sur le rôle des médias dans la gouvernance environnementale. Le journaliste Rosmos ZOKOUE a encouragé ses confrères journalistes à s’investir davantage dans le journalisme d’investigation environnementale. « Les journalistes doivent produire des enquêtes approfondies pour éclairer l’opinion » a-t-il déclaré. Pour lui, les médias doivent informer et sensibiliser la population sur ces défis.
Les participants ont activement pris part aux échanges.
Jonathan GONISSERE, journaliste, a déclaré « cette rencontre est très enrichissante pour nous jeunes journalistes. Elle nous motive à nous intéresse davantage aux questions climatiques et environnementales »
Pour Yakinga Aymard, président de l’organisation centre africaine pour la défense de la nature, (OCADN), « ce dialogue nous montre que les journalistes peuvent jouer un rôle clé pour défendre l’environnement et informer les communautés. »
Il a ajouté « Ils peuvent jouer aussi jouer un rôle d’alerte pour nous, responsables de la société civile, en mettant en lumière les impacts environnementaux des activités liées aux ressources naturelles »
Un responsable du ministère de l’environnement et du développement durable, salue l’initiative et félicite les organisateurs « nous félicitons les organisateurs pour cette initiative qui permet de rapprocher les experts, médias, et la société civile autour des enjeux climatiques »
Pour maitre Fabrice Modompte, juriste et spécialiste en droit d’investissement minier et panéliste, a exprimé sa joie « je suis honoré d’avoir partagé ce panel avec d’autres experts et d’avoir pu échanger avec des participants aussi attentifs et engagé » Il a souligné que ce type de dialogue est essentiel et doit être organiser souvent pour rapprocher les connaissances.
Des recommandations pour une gouvernance climatique inclusive et active
Les participants ont également soulevé plusieurs préoccupations, notamment sur l’accès à l’information, la participation des communautés locales, et la transparence dans la gestion des ressources.
A l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées. Et parmi elles ; renforcer la formation des journalistes, crée des mécanismes de veille citoyenne, améliorer l’accès aux financements internationaux et instaurer un dialogue régulier entre les acteurs.
Les journalistes se sont engagés à produire plus de reportages et enquêtes sur l’environnement.
Au de la des échanges, cette rencontre a permis de poser les bases d’une forte collaboration entre les médias, experts et citoyen. Elle ouvre également la voie à des initiatives concrètes, comme la création d’une radio communautaire dédiée aux question environnementales.
Dans un pays riche en ressources naturelles mais confronté a plusieurs défis environnementaux, cette initiative rappelle une évidence : sans information, sans dialogue, sans engagement collectif, la gouvernance climatique reste fragile. A Bangui, tous les participants à cette rencontre ont compris que la protection de l’environnement dépend de l’engagement de chacun et d’une bonne gestion des ressources naturelles.
