Depuis l’annonce d’un nouveau foyer de la maladie à virus Ebola dans la province voisine de l’Ituri le 15 mai dernier, les autorités politico-administratives de la province de la Tshopo ont intensifié les messages de sensibilisation afin de prévenir toute éventuelle propagation de cette redoutable épidémie dans la province.
À travers les radios locales, les réseaux sociaux et les rencontres communautaires, plusieurs responsables appellent la population à observer scrupuleusement les mesures barrières édictées par le ministère de la Santé. L’objectif est de renforcer la vigilance collective face à une maladie qui a déjà laissé de douloureux souvenirs dans la région.
Parmi les voix qui se sont élevées pour sensibiliser la population figure Matheus Kanga Londimo, président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo. Dans un message largement relayé dans les médias locaux, il a invité la population à faire preuve d’une vigilance accrue et à respecter les mesures de prévention recommandées par les autorités sanitaires.
La sensibilisation s’est également invitée lors des différentes parades hebdomadaires organisées ce lundi 25 mai 2026 dans plusieurs communes de la ville de Kisangani, chef-lieu de la province. Devant leurs collaborateurs, Jupson Bokendi, bourgmestre de la commune de Kisangani, et Simon Lowawa, bourgmestre de la commune Makiso, ont rappelé l’importance du lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon, du respect des règles d’hygiène ainsi que de l’application de toutes les autres mesures barrières susceptibles de limiter la propagation du virus.
Toutefois, malgré cette mobilisation des autorités, la population demeure divisée quant à la perception de cette menace sanitaire. Certains habitants expriment encore leur scepticisme, estimant que les alertes liées à Ebola serviraient davantage à mobiliser des financements qu’à répondre à une véritable urgence de santé publique.
À l’inverse, les populations riveraines des chutes Wagenia, qui ont déjà vécu les conséquences des précédentes flambées épidémiques, soutiennent largement les messages de sensibilisation. Pour ces habitants, Ebola n’est ni une rumeur ni une invention. Ils gardent en mémoire les nombreuses pertes en vies humaines enregistrées lors des précédentes épidémies ainsi que les familles endeuillées et les orphelins laissés derrière cette maladie.
« Nous avons vu Ebola de nos propres yeux. Cette maladie a détruit des familles et laissé des enfants sans parents. Nous ne voulons plus revivre cela », témoignent certains riverains rencontrés dans ce secteur.
Pour eux, la prévention reste la meilleure arme contre une éventuelle résurgence de l’épidémie. Ils appellent ainsi l’ensemble de la population à prendre au sérieux les messages diffusés par les autorités sanitaires et administratives afin d’éviter qu’un nouveau drame ne frappe la province.
Pour rappel, la Tshopo avait déjà été touchée par l’épidémie d’Ebola en 2018. Cette expérience douloureuse demeure gravée dans la mémoire collective et rappelle l’importance de la vigilance communautaire face à toute alerte sanitaire.
Alors que l’Ituri fait face à cette nouvelle menace, les autorités de la Tshopo misent sur la sensibilisation et la responsabilité citoyenne pour empêcher toute propagation du virus. Dans une province marquée par les séquelles des précédentes épidémies, la vigilance reste plus que jamais de mise.
Chrétien NDEKE KONGOLO, Kisangani –Tshopo / RD Congo
