Sous le thème « Rester en sûreté : prudence sur les réseaux sociaux et lutte contre la désinformation en période de crise », une dizaine de jeunes, dont plusieurs jeunes filles, se sont réunis ce samedi au Bingwa Civic Tech Lab pour une session de formation organisée par Africa Youth IGF, en partenariat avec Paradigm Initiative.
L’événement s’est déroulé en présentiel à Goma, mais aussi en ligne pour des jeunes connectés depuis d’autres pays d’Afrique. Face à la multiplication des rumeurs et fausses informations dans la région, notamment dans l’Est de la RDC, cet atelier visait à renforcer les capacités des jeunes femmes afin qu’elles puissent naviguer sur internet en toute sécurité et protéger leurs communautés.
Les organisateurs ont rappelé que les fausses informations peuvent créer la peur, manipuler l’opinion ou amplifier les crises. D’où l’importance de former les jeunes à reconnaître et contrer ces contenus.
Parmi les interventions, Juniace Ngangeli, bénévole au sein du programme Veilleur du Web RDC, a montré aux participants comment identifier une image truquée ou une vidéo sortie de son contexte. Il a invité les participants à apprendre des outils simples et accessibles comme Google Lens pour vérifier les images et InVID pour analyser les vidéos, insistant sur la nécessité de prendre quelques minutes pour vérifier un contenu avant de le partager, car un seul faux message peut créer la panique dans une communauté.
De son côté, Kevin Mukendi, coordonnateur de Youth IGF RDC, a rappelé que l’internet est un espace de droits et de devoirs. Il a encouragé les jeunes à devenir des acteurs engagés dans la lutte contre la désinformation : « L’information circule très vite, et une rumeur peut créer la panique. Vérifier avant de partager, c’est se protéger et protéger les autres. »
Il a invité particulièrement les jeunes de l’Est de la RDC à être un véritable bouclier contre la désinformation, tout en présentant le rôle du Youth IGF comme plateforme de leadership et d’opportunités pour la jeunesse africaine.
Jonathan Lubila, informaticien et secrétaire de Youth IGF RDC, a expliqué que les jeunes doivent dès maintenant s’impliquer dans les discussions sur les politiques numériques. Il a partagé son expérience dans la création de solutions technologiques adaptées aux besoins du pays grâce à l’internet, soulignant que : « Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir du numérique, mais aussi le présent. La jeunesse, c’est le poumon de la transformation. »
La session a également proposé des exercices pratiques animés par Providence Baraka : analyse de publications virales et jeu « Vrai ou faux ? ». Ces activités ont permis aux participants de comprendre comment une fausse information se propage et comment éviter de la relayer.
Parmi les participantes, Bénédicte Cirimwami, jeune diplômée en informatique et gestion, s’est dite ravie d’avoir renforcé ses compétences en vérification de l’information. Elle a lancé un message fort aux femmes : « Beaucoup pensent que l’informatique et le numérique sont réservés aux hommes. Moi, j’appelle toutes les femmes à s’intéresser, à apprendre et à s’outiller pour lutter contre la désinformation. Nous sommes des femmes leaders, nous avons le pouvoir d’apprendre et de transmettre aux autres. »
Cette initiative marque un pas important vers une Afrique plus consciente, plus résiliente et mieux armée face à la désinformation. Les organisateurs ont encouragé les jeunes à rester vigilants, à vérifier les informations et à soigner leur image en ligne.
En clôture, Athanas Bahizire a invité les participants à devenir de véritables ambassadeurs de la bonne information, promouvant un internet sûr et fiable dans leurs communautés.
Monique Mpabuka
