Des agents de santé publique assurent le respect des mésures barrières
Crédit Photo : Aubin MUKONI

Ebola à Goma : une ville sous pression entre urgence sanitaire et crise économique

Déjà fragilisée par l’enclavement économique et les restrictions sécuritaires, la ville de Goma fait désormais face à une nouvelle menace : Ebola.

Après la province d’Ituri et la ville province de Kinshasa, la ville de Goma, au Nord Kivu, a enregistré son tout premier cas de contamination de la maladie à virus Ebola le 17 mai dernier. Une situation qui, dès lors, suscite plus de crainte que de panique au sein des populations de la ville et des environs.

Depuis la publication du communiqué ayant confirmé une rumeur persistante, la ville de Goma demeure en situation d’alerte générale. Des discussions de trottoirs aux transports en commun en passant par les réseaux sociaux, la nouvelle épidémie d’Ebola s’impose au centre des débats, ce qui accentue la désinformation autour de cette 17ème épidémie. « Personnellement, j’ai encore des doutes concernant le cas d’Ebola annoncé à Goma. Ces ´gouvernants’ cherchent, par tous les moyens, à semer la peur et à manipuler la population afin de servir leurs propres intérêts » publie un ressortissant de Goma sur le réseau social Facebook quelques heures après l’annonce.

Goma, enclavé, privé de sa dernière porte de sortie internationale.

Sous contrôle de l’AFC/M23 depuis plus d’une année, la ville de Goma survit dans une suite de crises qui endurcit les conditions de vie. Après la fermeture des banques et de l’aéroport qui ont plongé la ville dans une crise économique prolongée, la restriction des mouvements aux postes frontaliers avec le Rwanda augmente sensiblement les risques d’asphyxie pour la ville de Goma.

Motivée par la rupture de la chaîne de propagation du virus Ebola, cette mesure est pourtant vivement critiquée par les usagers réguliers des postes frontaliers qui estiment que la mise en place des dispositifs sanitaires pourrait suffire pour détecter des cas suspects : « Cette mesure encourage la circulation clandestine et non contrôlée du virus » alertent des observateurs à ce sujet.

Pour contenir la propagation et rompre la chaîne de contamination du virus, les autorités  en place ont  annoncé, le vendredi 22 mai, la suspension de tout mouvement de population entre le Nord et le Sud de la province du Nord Kivu.

À ce jour, seuls le lac Kivu ainsi que la route Goma-Sake ouvrent la ville de Goma successivement sur la province du Sud Kivu et le territoire de Masisi où se situent les différentes lignes de front opposant les éléments du mouvement politico-militaire AFC/M23 aux forces armées de la RDC.

Depuis l’annonce de la présence du virus en ville de Goma, 1 seul cas s’est avéré positif au côté de près de 200 échantillons en cours d’examen selon le communiqué  publié le jeudi 21 mai par les autorités sanitaires sous l’AFC/M23. « Les équipes de surveillance et de riposte sanitaire restent pleinement mobilisées pour assurer le suivi de la situation et protéger les communautés. » rassure le communiqué après avoir rappelé la nécessité de la vigilance quant à l’observation des mesures barrières.

Alors que la situation sanitaire semble calme pour la ville de Goma, le contexte promet une crise économique beaucoup plus accrue après des dispositions favorisant l’enclavement de la ville. La réouverture de l’aéroport international de Goma ainsi que l’établissement d’un mécanisme de coordination conjointe Kinshasa – Goma et Kigali s’avèrent nécessaires, voire urgents, pour garantir une réponse adaptée à cette crise sanitaire de dimension internationale.

Par Joseph KATUSELE

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