Les populations des grands lacs appelées à la cohabitation pacifique

Depuis un moment, le citoyen lambda est pris dans les feux de plusieurs discours de haine en RD Congo. Des personnes de nationalités Rwandaises vivant ou exerçant leurs activités au Congo ainsi que des congolais assimilés aux Rwandais de par leurs morphologies ou leurs langues sont menacés, discriminés et subissent de violences de ce genre. Elles vivent la peur au ventre, craignant que la situation s’empire et voir leurs droits à la vie être menacé dans son noyau.

Tout a commencé au mois de mai 2022, après les récents affrontements entre les rebelles du M23 et les Forces armées de la République Démocratique du Congo. En effet, à en croire des sources officielles Congolaises, ces rebelles sont soutenus par le Rwanda. Des allégations rejetées par le gouvernement rwandais. Pour dénoncer ce soutien, les congolais ont organisé des marches dites pacifiques dans différentes villes du pays et dénoncé la probable coalition entre les ressortissants du Rwanda vivant au Congo avec le groupe rebelle indexé (M23).

Par la suite de ces regain d’insécurité, on a remarqué sur la toile et autres mass-média une avalanche de discours ayant trait à des actes et paroles proches de l’intolérance tribalo-ethnique à l’égard de certaines personnes au regard de leur morphologie, langue et origine.

Voulant comprendre ce phénomène, la rédaction de Afia Amani a baladé son micro auprès des jeunes de Goma sélectionnés dans différentes couches. A l’unanimité, les interviewés estiment que ces messages sont dangereux. Pour l’étudiant Joseph Katusele, cela résulte d’un manque desprit critique dans l’opinion public, ils sont conçus par des personnes influentes mais de mauvaise foi. Et d’ajouter que ces discours ont engendré des violences aussi bien psychologiques que physiques.

Parlant consécutivement de leurs causes et conséquences, le chercheur en droit Evariste Iragi énumère notamment : les conflits armés en répétition dans la sous-région, l’absence de la culture de la paix par l’acceptation de l’autre, la non distinction entre un individu qui fait un mal et sa communauté éthique et linguistique d’appartenance, ainsi que des stéréotypes et préjugés tribaux.

Et au militant Josué Walay de renchérir que le pire, cest lorsque certaines personnes disent que tous les rwandais rentrent chez eux, que tout celui qui est nilotique nest pas congolais ou encore que les rwandais tuent les congolais. Par conséquent, cela engendrerait des tueries, des actes de vandalisme, des actes de violences ciblées, etc. L’histoire du Génocide du Rwanda en Avril 1994 devrait éclairer la lanterne d’aujourd’hui pour prendre conscience de la gravité de discours xénophobes et incitant à la haine d’une communauté donnée.

L’alternative envisagée

Dans un message adressé aux fidèles de Goma en date du 17 Juin, l’évêque du diocèse de Goma a invité les fidèles à la vigilance et la non-violence active. Mgr Willy NGUMBI NGENGELE prêche que la violence est une arme des faibles et ne conduit que soit à l’hôpital, soit dans la tombe. « Il s’avère important d’user d’une grande sagesse pour ne pas tomber dans l’autre extrême, et ainsi perdants. Une chose est de réclamer son droit, une autre est de bien procéder, en prenant les armes qui conviennent », disait-il.

Pour pallier cette situation, la société civile de Goma a lancé des campagnes de cohabitation pacifique et de lutte contre la xénophobie. Tout en appelant la population congolaise à ne pas plonger dans le piège de l’ennemie en publiant et/ou partageant des messages sans analyser la source de provenance ou encore avant d’avoir les preuves, Marrion Nghavo, président de la société civile coordination urbaine de Goma, invite le peuple de la région de grands Lacs au vivre ensemble.

« Nous sommes obligés de vivre ensemble comme voisins. Ainsi nous devons collaborer parce que nous partageons certaines valeurs culturelles, économiques, traditionnelles, sociales…. Et donc nous devons plus prôner la retenue, la tolérance, le vivre ensemble tout en respectant les valeurs de chaque pays » lance-t-il en appelant tous les citoyens de la région des grands lacs de se développer tout en respectant les règles de chaque pays.

Notez, la diversité devrait être prise pourtant comme une richesse et non une menace. Comme la dit Julien Paluku, encore gouverneur de la province du Nord Kivu, « Personne na choisi de naitre dans sa communauté, soyez fier de votre tribu ».


Albert Isse Sivamwanza

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